Selon un nouveau rapport, l’itinérance et l’insécurité alimentaire se sont encore aggravées
9 avril 2025
Recommandations proposées à chaque niveau de gouvernement, y compris aux candidats fédéraux
Ottawa ON – La Mission d’Ottawa a publié aujourd’hui son nouveau rapport « Toujours en attente : Assez, c’est assez », selon lequel les niveaux épidémiques d’itinérance et d’insécurité alimentaire à Ottawa et dans l’ensemble du Canada se sont encore aggravés.
« Il y a un an, nous avons publié notre rapport Plus jamais en attente, qui fait état des niveaux choquants d’itinérance et d’insécurité alimentaire dans notre ville, notre province et notre pays. En 2025, la situation est encore pire. L’itinérance au Canada a augmenté de 20 % depuis 2018. Plus de 80 000 Ontariens et Ontariennes sont sans abri et leur nombre pourrait tripler d’ici 2035 pour atteindre près de 300 000. Près de 23 % des Canadiens et des Canadiennes dans les dix provinces sont en situation d’insécurité alimentaire, dont 2,1 millions d’enfants. En Ontario, les villes de Toronto, Mississauga et Kingston ont déclaré des urgences en matière d’insécurité alimentaire », a noté Peter Tilley, DG de La Mission d’Ottawa.
« À Ottawa, le nombre de personnes en situation d’itinérance a augmenté pour atteindre près de 3 000 personnes, dont plus de 500 vivent dans la rue. Le nombre de ménages en situation d’insécurité alimentaire est passé d’un ménage sur sept à un ménage sur quatre », a ajouté M. Tilley.
Ashley Potter, responsable des Services de première ligne de La Mission, a souligné l’impact de l’aggravation du sans-abrisme dans le refuge. « Il y a un an, nous avons indiqué que notre refuge avait retrouvé une capacité de plus de 100 % depuis la fin de la pandémie. Les problèmes de santé mentale, les dépendances, la perte de logements abordables, l’inflation alimentaire et l’afflux de demandeurs d’asile ont fait qu’en plus des personnes dormant sur des tapis dans notre chapelle, beaucoup d’autres ont dormi sur des chaises dans notre salon en attendant qu’un lit se libère. Bien que le nombre de réfugiés cherchant un refuge commence à diminuer à Ottawa, nos chiffres montrent que le besoin de lits d’hébergement dépasse la disponibilité dans la ville. En fait, plus d’une personne sur cinq qui s’adresse à nous pour obtenir de l’aide est un demandeur d’asile. Nous le savons parce que des clients nous ont dit qu’ils avaient été dirigés vers notre refuge par des fonctionnaires fédéraux à l’aéroport », a-t-elle ajouté.
« En mars, la Ville d’Ottawa a déclaré qu’elle ne procéderait pas à l’installation de « refuges Sprung » pour les demandeurs d’asile, étant donné que leur nombre diminuait et que l’on craignait que ces structures ne soient pas prêtes pour l’hiver prochain. La ville poursuit ses négociations avec le gouvernement fédéral concernant le projet de centre d’accueil des nouveaux arrivants à Ottawa. Nous suivrons l’impact de ce changement au fur et à mesure qu’il se produira à Ottawa et dans notre propre refuge car, bien que notre propre nombre de réfugiés ait diminué, il reste supérieur à ce qu’il était avant la pandémie. En fin de compte, deux questions se posent : 1) pourquoi les négociations sur le centre de réfugiés prennent-elles autant de temps; et 2) pendant qu’elles se poursuivent, pourquoi les fonctionnaires fédéraux dirigent-ils les personnes fuyant la guerre, la violence et la persécution vers notre refuge, où elles doivent dormir dans notre chapelle ou notre salon? », a ajouté Ashley Potter.
Le chef Ric Allen-Watson, directeur des Services alimentaires de La Mission, a confirmé l’impact stupéfiant de l’aggravation de l’insécurité alimentaire au refuge. « Avant la pandémie, le nombre total de repas que nous servions chaque année dépassait légèrement 495 000. En 2020, nous avons lancé notre programme de camions repas en réponse à la montée en flèche des taux d’insécurité alimentaire pendant la pandémie, avec un camion, cinq arrêts et 500 repas par semaine. En 2025, ce programme est passé à deux camions, 39 arrêts et plus de 10 000 repas par semaine. De nombreux arrêts sont situés à proximité des immeubles de la Société de logement communautaire d’Ottawa afin que les résidents vulnérables aient accès à des aliments sains. En conséquence, en 2022-2023 et en 2023-2024, notre refuge a servi respectivement plus de 1 million et 1,1 million de repas à des personnes qui auraient autrement souffert de la faim. Cette année, nous servirons probablement environ 1,3 million de repas. Pour être franc : ça n’a aucun sens. »
Ric Allen-Watson se souvient d’un client du programme, Ryan, qui est souvent à court d’argent deux semaines avant la fin du mois. « Il m’a dit : “ J’attends, c’est tout. Je passe deux ou trois jours sans manger, parfois quatre. ” Mais quand notre camion arrive, il dit : “ Je ne suis pas obligé d’avoir faim aujourd’hui. ” C’était il y a plus de quatre ans, lorsque le programme comptait 14 arrêts et servait 2 000 repas par semaine. Aujourd’hui, de plus en plus de gens nous demandent de l’aide, y compris des familles avec des enfants. Ce n’est pas correct et cela ne devrait pas se produire dans notre ville ou dans notre pays. »
M. Tilley a souligné l’impact de l’escalade des taux catastrophiques d’itinérance et d’insécurité alimentaire sur les membres les plus vulnérables de notre communauté et sur les organismes de bienfaisance à but non lucratif comme La Mission qui s’occupent d’eux. « Il y a plus de cinq ans, la Ville d’Ottawa a déclaré une situation d’urgence en matière d’itinérance. Depuis, de plus en plus de personnes sont devenues sans abri, y compris un homme autochtone et une grand-mère nouvellement arrivée qui sont décédés en janvier après avoir été exposés à des températures glaciales. Pendant ce temps, les organisations caritatives comme la nôtre sont encore plus sollicitées pour répondre aux besoins d’un nombre accru de personnes qui se retrouvent sans abri et affamées. »
« Encore combien de personnes qui n’auraient jamais pensé devenir sans abri ou souffrir de la faim se tourneront vers des organismes de bienfaisance comme le nôtre pour obtenir de l’aide lorsque les gouvernements ne seront pas là pour elles? Les organisations caritatives continuent de se mobiliser pour tenter de répondre à ces besoins, mais notre capacité n’est pas infinie », a conclu M. Tilley.
La Mission demande aux candidats à la campagne fédérale en cours à s’engager à :
• instaurer une prestation pour la prévention de l’itinérance et le logement afin de soutenir jusqu’à 385 000 ménages à risque de tomber dans l’itinérance et d’aider plus de 50 000 personnes à sortir de l’itinérance.
• créer des programmes pour les fournisseurs de logements à but non lucratif afin de soutenir l’achat d’ensembles de logements locatifs et d’hôtels existants, la facilitation des conversions de bureaux en logements et l’acquisition de terrains vacants pour de nouvelles constructions.
• renforcer le soutien aux municipalités pour qu’elles puissent apporter une aide aux réfugiés et aux demandeurs d’asile en mettant en œuvre le Plan national pour l’asile dans la dignité du Conseil canadien pour les réfugiés.
La Mission demande au gouvernement provincial de :
• s’attaquer à l’érosion des logements abordables dans tout l’Ontario en réintroduisant le contrôle des loyers pour les bâtiments construits après novembre 2018 et en mettant pleinement en œuvre le projet de loi 97 visant à modifier la Loi sur la location à usage d’habitation et à interdire les rénovictions de mauvaise foi.
• mettre fin à l’itinérance chronique en appliquant les recommandations du rapport 2025 sur l’itinérance de l’Association des municipalités de l’Ontario, notamment en investissant 11 milliards de dollars sur dix ans pour créer 75 000 nouveaux logements abordables et supervisés, et 2 milliards de dollars sur huit ans pour veiller à ce que les personnes qui vivent dans des campements soient logées en toute sécurité.
• remédier à l’insuffisance des revenus des Ontariens vulnérables en augmentant les taux d’aide sociale pour permettre à ces personnes de vivre dans la dignité et la sécurité, ainsi que le salaire minimum provincial pour permettre aux salariés de faire face à leurs dépenses; et en examinant les conclusions de l’UNESCO concernant le programme de revenu de base de l’Ontario 2017-2019 en vue de le rétablir.
La Mission demande à la Ville d’Ottawa de :
• soutenir les mesures de lutte contre l’insécurité alimentaire dans le cadre de la Stratégie de réduction de la pauvreté de la ville, en fonction des besoins.
• soutenir l’expansion des logements sans but lucratif à Ottawa en fournissant gratuitement des terrains municipaux aux fournisseurs de logements sans but lucratif et aux fiducies foncières communautaires, en révisant le zonage pour favoriser l’augmentation du nombre de logements abordables et en modifiant le processus d’approbation des nouveaux logements sans but lucratif.
• bonifier le budget annuel des nouveaux logements abordables en revenant au chiffre de 30 millions de dollars fixé pour 2023 pour les investissements dans les nouveaux logements abordables et en appliquant à ce montant des augmentations annuelles reflétant les coûts réels du logement à Ottawa.
À propos de La Mission d’Ottawa
Depuis 1906, La Mission d’Ottawa est au service des personnes sans abri, affamées et vulnérables, leur offrant des repas, des vêtements, un refuge et des compétences. En 2023-2024, La Mission a, en moyenne, hébergé 187 hommes toutes les nuits et servi 3 103 repas par jour. La Mission d’Ottawa offre également aux hommes et aux femmes des services de santé, des programmes de santé mentale et de traitement des dépendances, des soins palliatifs, des services dentaires, des services de logement, un soutien éducatif, une formation professionnelle et une assistance spirituelle, ainsi que des vêtements à des milliers de personnes dans le besoin au sein de notre communauté. En septembre 2020, La Mission d’Ottawa a marqué la millionième heure d’existence du refuge depuis sa fondation en 1906. En 2019, avec le lancement d’un nouveau service de logement, La Mission est devenue un refuge axé sur le logement, reflétant son engagement en faveur d’un foyer pour tous en tant que droit humain
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