L’Ottawa Mission continue de faire face à des besoins sans précédent

23 septembre 2026

3 people sit behind a table that reads "The Ottawa Mission", while a man in a white chef uniform speaks at a podium.

Le plus ancien et le plus grand refuge pour sans-abri d’Ottawa exhorte les gouvernements de tous les paliers à reconnaître la gravité de l’itinérance et des problèmes connexes, tels que l’insécurité alimentaire, au sein de notre communauté

Ottawa (Ontario) – Aujourd’hui, The Ottawa Mission a publié son rapport d’impact annuel, qui présente les mesures de soutien apportées à un nombre record de personnes vulnérables de la communauté au cours du dernier exercice financier.

« Selon un rapport déposé au conseil municipal le 11 mars, Ottawa fait face, depuis 2020, à une crise croissante de l’itinérance sans abri, aggravée par des problèmes de santé mentale et de consommation de substances. Cette situation entraîne des conséquences telles que l’apparition de campements, une augmentation des surdoses et de la présence de matériel de consommation de drogue abandonné, ainsi que d’autres symptômes d’une communauté soumise à une pression accrue. Des décisions provinciales, comme la fermeture des quatre sites de consommation supervisée d’Ottawa, ont encore aggravé la situation », a souligné Peter Tilley, directeur général de la Mission.

Malgré l’ampleur croissante de l’itinérance, la Mission continue d’aider les personnes à accéder à un logement sûr, adapté et permanent, tout en veillant à ce que leur séjour au refuge soit aussi bref que possible. « Dès qu’une personne s’adresse à nous pour obtenir de l’aide, nous abordons la question du logement avec elle », a indiqué Kristin Schilkie, responsable des services de logement à la Mission.

« Les efforts visant à éviter aux nouveaux clients un séjour dans notre refuge commencent dès leur arrivée. Notre responsable de l’accueil et de l’orientation évalue la situation particulière de chaque client et, si cela est possible et sans danger, l’oriente vers une autre solution de logement ; ainsi, la personne n’a besoin de passer qu’une nuit ou deux à The Mission, voire aucune. Le personnel est formé pour orienter les personnes vers d’autres solutions que notre refuge lorsque la situation le permet en toute sécurité et de manière responsable. Nous veillons tout particulièrement à ce que l’orientation d’un client vers un membre de sa famille ou un ami n’augmente pas les risques qu’il se retrouve sans abri par la suite », a ajouté M. Schilke.

Au cours du dernier exercice financier, The Mission a permis à 59 personnes d’éviter tout séjour dans le refuge et a trouvé un logement sûr et adapté pour 165 autres clients. Ce nombre total de personnes orientées vers d’autres solutions ou relogées dépasse la capacité totale des dortoirs d’urgence du refuge.

Les anciens combattants sont davantage exposés au risque de se retrouver sans abri en raison du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et d’autres facteurs. Linda MacMillan, coordonnatrice des services aux anciens combattants à The Mission, travaille avec eux pour leur trouver un logement sûr et adapté dans les meilleurs délais. « Je passe beaucoup de temps à visiter des refuges, des centres d’accueil de jour, des organismes de proximité, des campements et des domiciles privés pour aider les anciens combattants qui ne disposent pas d’un logement stable, permanent ou adapté. C’est une mission importante, car ces personnes ont servi notre pays et ont droit à des prestations et à un soutien en raison de leur service. Or, beaucoup l’ignorent et finissent par se retrouver sans abri ou sans logement pour diverses raisons. Ils ont droit à ce soutien et doivent en bénéficier. »

Outre les programmes de détournement des services d’urgence et le travail auprès des anciens combattants, The Mission propose d’autres moyens d’aider les personnes qu’elle accompagne à se loger, notamment grâce à une gestion de cas axée sur le logement et à des mesures de relogement rapide. Les efforts en matière de logement mobilisent différents services du refuge ; par ailleurs, The Mission collabore avec des organismes comme « The Royal » pour trouver des logements adaptés aux besoins de ses clients.

L’itinérance et l’insécurité alimentaire sont étroitement liées : face à l’inaccessibilité croissante des logements, un nombre grandissant de personnes à Ottawa se tournent vers des programmes d’aide alimentaire — comme le camion-restaurant de The Ottawa Mission — pour éviter de souffrir de la faim. Lancée pour répondre à l’aggravation de l’insécurité alimentaire durant la pandémie avec un seul camion, cinq points d’arrêt et 500 repas par semaine, cette initiative a pris une ampleur considérable : elle compte désormais deux camions, plus de 40 points d’arrêt et distribue près de 12 000 repas par semaine.

« Beaucoup de gens pensent que, tout comme l’itinérance, la faim est une situation qui ne les touchera jamais. Pourtant, l’insécurité alimentaire au sein de notre communauté a progressé, passant d’un ménage sur sept à plus d’un sur quatre aujourd’hui. Ces ménages comprennent des personnes âgées, des enfants, des personnes en situation de handicap, des travailleurs dont les revenus ne suffisent pas à couvrir le loyer, l’alimentation et les autres dépenses, ainsi que bien d’autres personnes. C’est pourquoi, même si la pandémie est techniquement terminée, nous ne pouvions pas priver de ce service ceux qui avaient fini par en dépendre », a souligné le chef Ric Allen-Watson, directeur des services alimentaires de The Mission.

« Malheureusement, nous avons également établi un nouveau record du nombre de repas servis : 1 223 658, soit près de 20 000 de plus que l’année dernière. Cette année, le nombre de repas servis via notre programme de camions-restaurants a largement dépassé celui des repas servis au sein même de notre refuge : 683 724 repas ont été distribués par nos camions, contre 539 994 au refuge. C’est une preuve concrète de l’ampleur et de la gravité alarmantes de la faim dans notre communauté », a ajouté M. Allen-Watson.

  1. Tilley a souligné l’impact financier réel de la gestion de ses 29 programmes et services, dont la plupart ne bénéficient d’aucun financement stable ou pérenne de la part des pouvoirs publics. À titre d’exemple, le programme de camions-restaurants ne reçoit aucun soutien prévisible ou durable de la part des autorités. Les coûts de ce programme avoisinent les 850 000 $ depuis quelques années. Or, compte tenu de la flambée des prix des denrées alimentaires, du carburant et des autres éléments essentiels au fonctionnement de ce programme, le refuge s’attend à une augmentation considérable de ses coûts.

La Mission appelle la Ville d’Ottawa à financer, dans le cadre de sa stratégie de réduction de la pauvreté, des mesures à la hauteur des besoins de notre communauté, notamment pour lutter contre l’insécurité alimentaire. L’organisme exhorte également les gouvernements provincial et fédéral à prendre des mesures concrètes et durables pour remédier au manque de logements abordables à Ottawa et dans tout le Canada, le coût du logement étant l’une des principales causes de l’insécurité alimentaire.

« Si nous sommes honorés de pouvoir offrir ces services à tant de personnes et très reconnaissants envers nos bailleurs de fonds et nos nombreux donateurs, nous sommes également préoccupés par notre capacité à répondre aux besoins d’un nombre sans cesse croissant de personnes qui se tournent vers nous. Il est impératif que les gouvernements, à tous les niveaux, prennent la mesure de la gravité de l’itinérance et des problèmes connexes, comme l’insécurité alimentaire, au sein de notre communauté », a conclu M. Tilley.