Le logement et l’itinérance en tête des priorités municipales
19 octobre 2026

Un sondage de Nanos Research effectué pour La Mission d’Ottawa révèle un bond des préoccupations de près de 10 % depuis 2019 alors que l’itinérance et les problèmes connexes atteignent des niveaux catastrophiques
Ottawa ON – Tandis que La Mission d’Ottawa se prépare à affronter l’hiver et la hausse prévue du nombre de membres vulnérables de la communauté qui fera appel à ses 29 programmes, le refuge exhorte tous les paliers de gouvernement à agir en concertation pour faire face aux niveaux catastrophiques d’itinérance, d’insécurité alimentaire, de troubles de santé mentale et de consommation de substances.
Le refuge a publié un sondage d’opinion réalisé par Nanos Research, qui montre que les résidentes et les résidents d’Ottawa désignent le plus souvent le logement et l’itinérance comme la priorité numéro un de l’actuel gouvernement municipal (38 %), soit une hausse par rapport aux 29 % enregistrés en 2019.
« Les préoccupations liées au logement et à l’itinérance dépassent de loin celles concernant les services de police (22 %) et le train léger/les transports (19 %). Cela n’est peut-être pas surprenant, étant donné que 56 % des Ottaviens et des Ottaviennes estiment que leurs proches courent au moins un faible risque de se retrouver sans abri, un chiffre en hausse par rapport aux 46 % enregistrés en 2019 », a souligné Émilie Bossard, analyste de données chez Nanos Research.
Plus généralement, plus de neuf personnes sur dix à Ottawa estiment que l’itinérance au Canada a un impact grave (85 %) ou assez grave (7 %) sur les personnes concernées. De même, la plupart des résidentes et des résidents de la ville affirment que l’itinérance a un impact grave (59 %) ou assez grave (30 %) sur le Canada en tant que pays. Ces deux résultats restent cohérents avec ceux de 2019.
Peter Tilley, DG de La Mission d’Ottawa, a souligné les répercussions dévastatrices de l’itinérance et des problèmes connexes sur le refuge et la communauté dans son ensemble. « Ottawa est une ville bienveillante qui soutient ses citoyens les plus vulnérables. Mais l’itinérance, l’insécurité alimentaire, la consommation de substances et les troubles de santé mentale ont largement dépassé le stade de l’urgence pour atteindre des niveaux catastrophiques. Nous continuons à fonctionner à plus de 100 % de notre capacité, tous les lits du refuge étant occupés et des personnes dormant sur des matelas dans notre chapelle et sur des chaises dans notre salon. Nous faisons également face à un nombre record de surdoses depuis la fermeture des derniers sites de consommation supervisée à Ottawa. Et c’est la quatrième année consécutive que nous servons plus d’un million de repas à nos clients, tant au sein de notre refuge que par le biais de notre programme de camions repas. La semaine dernière, nous avons fracassé notre record précédent de repas de l’Action de grâces en servant 19 684 repas, soit près de 1 300 de plus qu’en 2025. »
La question de l’insécurité alimentaire ressort du sondage de Nanos Research : les personnes interrogées estiment qu’environ un ménage sur trois à Ottawa n’a pas les moyens de s’offrir une alimentation saine, ce qui est légèrement supérieur à l’estimation de Santé publique Ottawa (SPO) de 25,7 % pour 2024. En 2019, SPO estimait que 15,3 % des foyers vivaient dans l’insécurité alimentaire.
Les causes perçues de l’itinérance sont citées dans le sondage, qui relève une évolution marquée de l’opinion publique depuis la précédente enquête Nanos réalisée pour La Mission en 2019. « Pour 54 % des résidentes et des résidents d’Ottawa, les problèmes de santé physique ou mentale ou les dépendances sont la principale cause de l’itinérance, une baisse par rapport aux 62 % enregistrés en 2019. Aujourd’hui, près d’une personne sur quatre, soit 23 %, cite en premier lieu le manque de logements abordables, ce qui représente une augmentation par rapport aux 17 % de 2019 », a souligné Émilie Bossard.
Cela n’étonne pas La Mission : le loyer moyen d’un appartement à Ottawa s’élève désormais à plus de 2 100 $ par mois et rend impossible pour quiconque touchant une pension d’invalidité ou une aide au revenu, ou occupant un emploi à salaire faible ou moyen, de se payer un logement. Malgré un marché locatif extrêmement serré, La Mission a tout de même réussi à loger 165 clients au cours de son dernier exercice financier.
« C’est très frustrant pour nous, à La Mission, de voir d’anciens clients avec lesquels nous avons travaillé pour leur trouver un logement revenir dans notre refuge pour des raisons comme l’expulsion liée à des travaux de rénovation ou à la démolition. Nous félicitons le conseil municipal d’avoir adopté son règlement sur les rénovictions au début du printemps. Mais nous devons aller beaucoup plus loin, notamment en renforçant ce règlement et en rétablissant à 30 millions de dollars par an l’enveloppe budgétaire municipale consacrée aux nouveaux logements abordables et accompagnés », a ajouté Peter Tilley.
Si les personnes interrogées dans le cadre des enquêtes menées par Nanos Research ont déclaré que le logement et l’itinérance devaient constituer la priorité numéro un du conseil municipal, elles ont aussi souligné la nécessité pour les pouvoirs publics de se concerter afin de résoudre ce problème. « En ce qui concerne les principaux acteurs ou institutions qui devraient être chargés de lutter contre l’itinérance, 19 % ont mis le gouvernement fédéral en tête, 17 % les collectivités locales et 16 % les provinces, tandis que 42 % estiment que tous devraient en être responsables. Cinq pour cent pensent que cette responsabilité devrait revenir à la famille et aux amis des personnes sans abri, tandis qu’un pour cent a classé les organisations caritatives en première position », a noté Émilie Bossard.
Bien que les personnes interrogées aient souligné la nécessité pour les pouvoirs publics d’assumer davantage de responsabilités dans la lutte contre l’itinérance, plutôt que de laisser cette charge aux organisations de bienfaisance et autres organismes à but non lucratif, M. Tilley a relevé une tendance inverse qui s’est aggravée au cours des dernières années. « Les organismes de services sociaux et les associations caritatives supportent un fardeau de plus en plus lourd pour tenter de répondre aux besoins des membres les plus vulnérables de la communauté. Notre propre budget consacré à la collecte de fonds a presque doublé au cours des dix dernières années pour tenter de répondre à ce besoin. Nous faisons ce que nous pouvons, mais cette trajectoire n’est pas viable et ne peut pas durer. À moins que les pouvoirs publics à tous les niveaux ne redoublent d’efforts pour travailler ensemble à la recherche de solutions, la situation ne fera qu’empirer », a conclu Peter Tilley.
À propos de La Mission d’Ottawa
Depuis 1906, La Mission d’Ottawa est au service des personnes sans abri, affamées et vulnérables, leur offrant des repas, des vêtements, un refuge et des compétences. En 2025-2026, La Mission a, en moyenne, hébergé 188 hommes toutes les nuits et servi 3 352 repas par jour. La Mission d’Ottawa offre également aux hommes et aux femmes des services de santé, des programmes de santé mentale et de traitement des dépendances, des soins palliatifs, des services dentaires, des services de logement, un soutien éducatif, une formation professionnelle et une assistance spirituelle, ainsi que des vêtements à des milliers de personnes dans le besoin au sein de notre communauté. En septembre 2020, La Mission d’Ottawa a marqué la millionième heure d’existence du refuge depuis sa fondation en 1906. En 2019, le lancement d’un nouveau service de logement a fait de La Mission un refuge axé sur le logement, reflétant son engagement en faveur d’un foyer pour tous, considéré comme un droit humain.
Méthodologie : Nanos a mené un sondage téléphonique aléatoire selon la méthode RDD (double échantillon : téléphones portables et fixes) auprès de 815 résidentes et résidents d’Ottawa âgés de 18 ans ou plus, du 25 septembre au 6 octobre 2026. Les résultats ont été validés statistiquement et pondérés en fonction de l’âge et du sexe à l’aide des dernières données du recensement, et l’échantillon a été stratifié géographiquement afin d’être représentatif d’Ottawa. La marge d’erreur d’un sondage aléatoire mené auprès de 815 résidentes et résidents d’Ottawa est de ±3,5 points de pourcentage, 19 fois sur 20. L’étude a été commanditée par La Mission d’Ottawa et réalisée par Nanos Research.
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